Notes de lecture , les Essais de Michel de Montaigne

"ce n’est pas être ami de soi et moins encore...

"ce n’est pas être ami de soi et moins encore maître, c’est en être esclave que d’être à l’écoute de ses moindres inclinations"
Se rapprocher du simple ne pas « guinder son esprit ».
La lecture sert à éveiller la notion de sujet à « embesogner mon esprit, non ma mémoire’’
Il loue les âmes à plusieurs étages.
Faire beaucoup avec peu.
La définition de soi pour qui médite relève de la philosophie.

Au point de départ, il faut se faire bien né....

Au point de départ, il faut se faire bien né. Né de Sénèque, Cicéron, Plutarque… La gravure des poutres de la librairie est une charge de départ.

C’est fabuleux de ne rien faire,

C’est fabuleux de ne rien faire, regarder seulement.

Les idées vont et viennent et vous comprenez mieux.

De la maîtrise du « moi ». Le moi est au cœur...

De la maîtrise du « moi ».
Le moi est au cœur du « drame », le dépasser et le maîtriser.
Dans les essais, il s’agit d’un outil de travail.
Il repasse par des moments vécus. Chaque moment vécu devient un support d’analyse et de connaissance
La vie est impossible à deviner.
Il ne cesse de nous dire qu’il nous faut comprendre pour humaniser.
Il aime écrire pour se voir apparaître.
Comment va-t-il de mon jugement, de mon discernement quand j’écris.
Vivre est un concept de travail
C’est la soif de connaître qui nous pousse à nous connaître.
Etre avec l’autre mais en un temps différé par le travail de l’écrit.

II n’est possible d’aller vers les autres qu’en...

II n’est possible d’aller vers les autres qu’en partant d’un point précis.
Besoin de racines.

J’aimerai tant qu’il neige encore, non parce que le paysage est plus beau, mais parce que j’en suis arrivée à craindre que le ciel n’en fabrique plus. Que la nature soit arrêtée à jamais

Il démocratise, tout en douceur salue les...

Il démocratise, tout en douceur salue les malheureux imparfaits
Bienvenue aux imparfaits, c’est ainsi, plus l’on se dépeint dans son entière humanité
plus on est dans l’humanité.

Il écrit pendant 13 ans de 1572 ans

Il écrit pendant 13 ans de 1572 à 1588. De 39 à 53 ans.

Avant il publie les écrits de Etienne de la Boétie.

Le premier essai rend hommage à l’ami E.de la Boétie.

L’esprit et les valeurs de Montaigne sont dans la pensée de La Boétie.

Le second essai rend hommage au père par la traduction sur Raymond Sebon.

Le troisième livre est consacré à lui-même. Au méditer pur. Je ne lirai que celui-là

Il fait peindre en latin sur un mur d’entrée...

Il fait peindre en latin sur un mur d’entrée de la Librairie « en l’an du 1571, à trente huit ans,

la veille des calendes de mars, anniversaire de sa naissance, Michel de Montaigne,

dégoûté depuis longtemps de l’esclavage du parlement et des charges publiques, s’est

retiré, encore en possession de ses forces, dans la sein des doctes vierges où dans le

calme et la tranquillité, il passera le peu de temps qui lui reste d’une vie déjà en grande

partie révolue. Espérant que le destin lui accordera de parfaite cette habitation, douce

retraite ancestrale, il l’a consacrée à sa liberté, à sa tranquillité, à ses loisirs ».

Il nous perd, se contrarie, le tout et le...

Il nous perd, se contrarie, le tout et le contraire du tout, pour n’asseoir

aucune conviction, aucune opinion, aucun penchant fixe.

La parole doit être libre si elle veut passer dans les endroits étroits du raisonnement,

laisser sa parole errer, divaguer.

Vivre c’est écrire et écrire se trouve dans le vivre.

Il se trouve moche. Il n’y a forme parfaite,...

Il se trouve moche.
Il n’y a forme parfaite, pourquoi la désirer ?
Chaque homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition

Important d’arriver

Important d’arriver à se considérer comme l’on est, dans sa forme la plus strictement
naturelle, la plus libre, la plus vivante : la modification de soi est vaine, insensée, mortelle.

La précision en amitié évite la modification de...

La précision en amitié évite la modification de

nous-même nous dit-il. Le nivellement de lui-même pour une sociabilité bienséante

l’encombre. Montaigne accepte d’être perçu comme une personne sans intérêt,

maladroite, inexistante. On ne peut pas être partout. On ne peut pas tout avoir.

« Je préfère être trop seul que pas assez »

La valeur introspective agit sur la clarté de...

La valeur introspective agit sur la clarté de la parole.
Penser par soi-même veut dire tout arrêter pour tout revisiter.
Être neuf, naïf, nouveau.
Je n’ai même plus de mémoire, je ne cesse de me déplacer pour voir si je reviens à la même place, je tournois, fais des tours et des détours, pour voir si je reviens en un même point.
Se nourrir de très peu, plutôt des signes à comprendre,
« Auxquelles vivre et méditer sont la même chose » Cicéron.

Le beau ne se passe pas de connaissance,...

Le beau ne se passe pas de connaissance, difficile de faire sans connaître certaines de

ses règles.

Un projet d’écriture sans volonté apparente ; le

tissage du son texte se fait naturellement dans des motifs au présent

Le passage par le fameux soi-même n’est valable...

Le passage par le fameux soi-même n’est valable que si on est pareil aux autres.
La mécanique est simple :je suis tout près de Montaigne car Montaigne me parle de moi.

lecture d’une extrême lenteur, quasi statique....

lecture d’une extrême lenteur, quasi statique.
Je relis chaque phrase.
Obligée de mieux voir, de regarder le sujet de près.
J’ai remarqué que beaucoup de peintres ne voyaient pas bien
De ne pas tout voir aide à rêver le réel.

Les sentences

Les sentences à l’intérieur des essais offrent des éclairs de netteté.
Des solutions pour toujours.
Il est dur d’avoir autorité sur soi.
« Que sais-je » « je ne bouge » dit-il.
Ne pas bouger pour bien laisser venir les choses à nous.
Comme Ozu qui sur sa tombe fait écrire « Rien ».
En étant rien, rien ne peut nous arriver, ni désir ni déception et la mort ne nous fait même pas souffrir.
Normalement c’est simple.

L’atelier C’est un château sur les hauteurs du...

L’atelier

C’est un château sur les hauteurs du pays de gascon

Il explique l’endroit où il médite, où il se peint. Là, dans sa librairie Il voit le monde et

son monde. Le monde des livres et le monde de sa cour, basse-cour et jardin. Il peut

y articuler une pensée concrète, celle de sa propre réalité et la pensée pure issue de

sa bibliothèque, de sa recherche philosophique

C’est un lieu qu’il a créé. Ancienne garde-robe, repeinte, dessinée pour le cadre de

sa retraite pour toujours. Elle est ronde et de fait on y voit tous les livres. Il y a 3

mètres en perspective et 16 pas de vide en diamètre.

Elle est imparfaite, inachevée et ne comporte pas de promenade,’’ un promenoir, tout

lieu requiert un promenoir’’. La pensée s’éteint si l’on ne marche pas. Penser et

marcher sont une mécanique obligée. Il en est privé, il est privé aussi de confort, le

lieu est froid car très venté. Il a des efforts à faire pour convenir d’une présence

longue en sa librairie.

Elle est au dessus de sa chambre personnelle et de sa chapelle par la cheminée il

entend les offices. Montaigne n’assiste pas aux offices pour écrire. Tout est à

distance, filtré mais représenté. Cette tour est à lui seul et cette tour est comme un

phare qui éclaire les autres et lui permet de voir loin.

Les sentences sur les poutres sont une essence de lui même, appropriation de tout

ce qu’il a aimé, un arpentage intime de ses lectures latines. Les sentences élues et

gravées viennent des autres philosophes et sont siennes pour son action à mener.

Décider de son héritage, c’est se concevoir. Le point commun des phrases est

l’hospitalité qu’elles procurent au questionnement et à l’équilibre. Il s’agit d’une

pensée en cours, celle de Montaigne (qui se construit) et celle qui existait avant

Montaigne (notre héritage).

Ses modèles sont là et il s’y tient dans la grande longueur de son œuvre.

L’auteur a vu la barbarie, la tyrannie, le...

L’auteur a vu la barbarie, la tyrannie, le monde perdu.

Urgence à considérer un mode de pensée qui ne soit pas doctrinal,

identifié aussi fortement qu’un modèle politique mais qui n’en procure pas les

dangers.

Ancrer la mobilité comme modèle de réflexion.

La question principale qui réside en double fond de l’œuvre est comment éviter les

chemins de la tyrannie. Comment éviter ça. Eviter çà.

le doute est le ferment du mouvement et de la paix, revisiter le monde et évacuer ce

qui pourrait être préétabli et rigide. Il faut observer, conclure de l’observation en

créant des questions. Formuler des questions, comprendre, créer des logiques et

refuser celles qui existent.

L’élémentaire, l’indispensable considération pour...

L’élémentaire, l’indispensable considération pour l’élémentaire, il n’est pas question

d’être sur une hiérarchie de profils humains, on est là pour trouver du commun.

L’écriture, serait avant tout une tentative d’échange de l’expérience, nos expériences

intellectuelles, émotionnelles

Montaigne a toujours raison. Il fait des...

Montaigne a toujours raison.

Il fait des choix, des choix sur tout.

Plus il se dépeint, plus il tranche.

Il fait le monde à sa façon, il est à l’intérieur de lui.

La réalité du monde tient à ce qu’on la peigne.

Montaigne se produit dans un mouvement...

Montaigne se produit dans un mouvement stable, libre, ni haut ni bas, tout est

raison. Nécessité de trouver la raison.

Ne pas cacher, par une forme dissimulatrice...

Ne pas cacher, par une forme dissimulatrice ce que l’on ne sait pas faire
Eviter toute virtuosité.
N’impose rien
Je suis un esprit à la construction de lui-même, rien de plus.
Sortir du dictat social, il vit par le moins, la soustraction.
La pensée chez Montaigne est douce, modeste et positive.
Je repense à Bonnard qui nous dit que l’on commence la peinture avec des sujets simples et que l’on finit comme on l’a commencé, par des sujets simples.

Ne pas savoir, surtout ne pas savoir, c’est le...

Valeur du quotidien.

Obligé de raisonner pour survivre. Je me suis...

Obligé de raisonner pour survivre.
Je me suis créé des fictions où ce qu’il était utile et urgent que j’entende se mette à vivre,
le mouvement dans le temps, un moyen illusionniste de fabriquer du vrai.
Je ne savais pas que je pouvais comprendre Montaigne, Plutarque, Cicéron mieux que mon voisin.

Se dit sans désir pour sortir du conformisme,...

Se dit sans désir pour sortir du conformisme, du dictat social, il vit par le moins,
la soustraction.
Ne rien espérer, ne rien attendre, ne rien vouloir, travailler à la qualité de l’être, être son
propre juge , nous sommes seuls à savoir au fond.

Simplement, très simplement, librement, comme...

Simplement, très simplement, librement, comme je suis, comme je pense, allons.

Mettre en vie sa vie, c’est l’aimer, la considérer.

Il considère la vie, c’est sa référence.

Un livre est comme un lieu. Une personne est...

Un livre est comme un lieu.

Une personne est comme un lieu selon qu’elle est habitée.

J’habite en la personne de Montaigne qui a vécu il y a 5 siècles.

Cet être par son livre existe dans un parfait état d’hospitalité.

Rembrandt produit cet effet, son regard doux et vigilant. Les yeux de Rembrandt

peints par lui-même. Rembrandt peint son propre appareil à voir qui le fixe. Un face à

face qui nous regarde.

Il faut nous extraire du monde des autres pour faire la chose qui nous remplace.

Notre présence au monde est différée. Montaigne donne d’abord à son livre, il se

peint avant pour se présenter à nous. Ils se façonnaient. Se discernaient, se

possédaient, se maîtrisaient bien clairement.

L’œuvre de Montaigne semble inachevée parce que faite de méandres, à l’écoute du

naturel qui évite le rehaut, le soulignement, la conclusion, le terme, la fermeture.

« .la bonne estime du peuple est injurieuse...

« la bonne estime du peuple est injurieuse …. signamment dans un siècle corrompu et ignorant comme celui-ci »
L’écriture se fait sur un fond de Saint Barthélemy, de peste dans sa ville, de princes et de rois fous….. .